République centrafricaine

Le Contexte Général


 

La situation politique de la République centrafricaine reste délicate. Au début de cette année, Faustin-Archange Touadéra est devenu le premier président du pays à être élu de façon démocratique depuis le coup militaire de 2013. Jusqu’à présent, Président Touadéra a eu du mal à concrétiser les priorités de son administration : l’unité, la réconciliation et le désarmement des groupes armés. Le pays souffre toujours sous les actes de violence sectaire qui risquent de se multiplier avec le retirement des forces françaises de l’opération SANGARIS. La sécurité dans le pays est rendue imprévisible et instable par les ex-Séléka, Anti-balaka, l’Armée de résistance du Seigneur et les autres groupes armés. Par conséquent, il y a un manque de nourriture et des déplacements importants de population.

L’espérance de vie dans la République centrafricaine est une des plus baisse du monde ; dans l’Indice de développement humain du Programme des Nations Unis pour le développement, le pays est classé deuxième des pays les moins développés. Il y a un besoin évident d’assistance humanitaire, plus particulièrement de services sanitaires pour répondre aux besoins fondamentaux. Dans les régions rurales, il y a une absence de structures gouvernementales, un grave manque de personnels de santé qualifiés ainsi qu’un manque de provisions pour les structures sanitaires existantes. La République centrafricaine a une histoire mouvementée, mais la dernière décennie a vu une crise sans précédent aux niveaux politique, sécuritaure et humanitaire. Le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) décrit la situation actuelle comme « extrêmement précaire » : on estime que 2,3 million de personnes sont en besoin d’aide dans le pays ; plus de 390 000 personnes sont déplacées à l’intérieur du pays et 467 000 réfugiés ont quitté le pays. Les déplacées sont les plus difficiles à atteindre et sont particulièrement vulnérables au paludisme, une des causes principales de mort dans la République centrafricaine.

La communauté internationale s’est dit que les élections réussies au début de l’année étaient une indication que la situation humanitaire dans la République centrafricaine s’est améliorée et s’améliora encore davantage ; par conséquent, les budgets des donateurs ont été réduits. Ces suppositions vont à l’encontre des observations faites par The MENTOR Initiative et tous les partenaires humanitaires présents dans le pays. Dans un rapport récent, MSF a écrit : « si la République centrafricaine était une de nos patientes, nous dirions qu’elle n’est plus en salle d’urgences, mais qu’elle a encore besoin de soins intensifs. La laisser sortir maintenant aurait des conséquences tragiques

La Réponse de MENTOR


MENTOR met en œuvre des projets sanitaires dans le nord-ouest du pays, une région gravement touchée par les conflits passés et actuels. De toutes les situations d’urgences en Afrique aujourd’hui, la situation dans cette région est une des plus difficiles dans laquelle travailler. MENTOR fournit des services sanitaires aux populations des préfectures de Ouham and Ouham-Pende, en collaboration avec ses partenaires internationaux OFDA (le Bureau d’Assistance en cas de Catastrophes à l’Etranger), DFID (Département du développement international), UNICEF et CHF (le Fonds humanitaire commun). Chaque projet se fait en étroite relation avec le ministère de la santé et les partenaires internationaux travaillant dans ces préfectures.

MENTOR a créé un réseau novateur de travailleurs de santé communautaires. Ce réseau permet de fournir des soins essentiels directement aux communautés les plus isolés, chose nécessaire dans cette région manquant des infrastructures les plus élémentaires. Depuis 2008, ce réseau a permis à MENTOR, malgré la violence et l’insécurité continue, d’atteindre des endroits que d’autres ONG ont eu du mal à accéder. En consultation quotidienne avec les communautés, MENTOR réussi à évaluer les dangers et modifier comment, et où, apporter du soutien. Les travailleurs de santé communautaires sont choisis parmi les communautés déplacées et hôtes, assurant que les communautés les font confiance, les respectant et accueillant plus facilement que s’ils étaient de l’extérieur. Les travailleurs de santé communautaires se déplacent avec les populations en déplacement, permettant un accès aux soins en continue.

Les travailleurs de santé communautaires sont formés afin d’apporter un ensemble de prestations médicales : l’éducation sanitaire, le diagnostic et le traitement des maladies les plus courantes, donc le paludisme et la diarrhée, le dépistage de la malnutrition, des suppléments de fer et de prophylaxie antipaludéenne pour femmes enceintes. Grâce à leur capacité à identifier d’autres maladies (telles les infections respiratoires) et/ou les symptômes plus graves de paludisme et de diarrhée, de tels cas de maladies peuvent être transférés (en utilisant des moto-taxis) dans des structures sanitaires mieux équipées. L’approche communautaire de MENTOR a été développée en collaboration avec le ministère de la santé et elle est conforme aux politiques de santé nationales de la République centrafricaine. En plus des travailleurs de santé communautaires, MENTOR fournit du soutien à plusieurs postes de santé afin d’améliorer les soins en s’assurant que les médicaments nécessaires sont fournis aux postes et qu’il y a suffisamment de personnels, là où il y a un manque de disposition nationale ou de soutien d’autres partenaires de santé.

En utilisant cette ensemble d’approches, près de 550 000 consultations ont eu lieu depuis le début de la crise humanitaire en mars 2013. Ces consultations ont compté plus de 263 000 enfants de moins de cinq ans avec un diagnostic confirmé de paludisme. Sans le traitement approprié et opportun des personnels de santé soutenus par MENTOR, ces enfants auraient eu un risque de mort élevé.

En parallèle avec l’approche communautaire et le succès des résultats cliniques, une éducation sanitaire importante a été menée afin de promouvoir la prévention des maladies les plus courantes et d’encourager un recours précoce aux soins. Des approches différentes sont utilisées comme des activités de sensibilisation menées par les travailleurs de santé communautaires dans leurs villages, en même temps qu’une formation ciblée dans les communautés (cela inclut des groups pour femmes et des clubs pour jeunes), ainsi que des campagnes de promotion de santé à grand échelle (avec projection de film, match de foot, questionnaires etc).

Récemment, MENTOR a assumé la responsabilité de diriger un consortium de quatre ONG internationales (dont Oxfam, International Medical Corps et Coraid) financé par DFID afin d’améliorer la santé de 475 000 personnes dans les quatre préfectures.

 

La démarche à suivre


MENTOR reste déterminé à fournir des services de santé aux plus vulnérables et continuera à repérer les structures sanitaires à soutenir, ainsi qu’à surveiller et à mettre en place des réseaux de travailleurs de santé communautaires et à coordonner des activités avec d’autres ONG. La situation d’urgence de la République centrafricaine doit être reconnue, et MENTOR continuera à travailler afin de réduire le fardeau de maladie et à renforcer la capacité du système de santé du pays aussi longtemps que nécessaire.

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